Bien qu'il ne puisse évidement pas résoudre tous les problèmes, L'exploitation de la base de connaissance AideDiag a déjà aidé à des diagnostics difficiles et très importants pour le malade (sans compter ceux qui ne débouchaient sur aucune thérapeutique mais qui procuraient une grande satisfaction intellectuelle); 3 exemples :

1) un diagnostic difficile d'intoxication à l'oxyde de carbone n'avait pas été fait par quatre médecins pour deux malades hospitalisés avec comme diagnostic intoxication alimentaire; en mettant la symptomatologie présentée, l'ordinateur demandait s'il n'y avait pas un environnement d'oxyde de carbone et donc faisait penser à cette affection; on peut imaginer que ce cas, s'il n'avait pas été diagnostiqué, aurait pu être dramatique, les malades rentrant chez eux dans leur environnement toxique.

2) un diagnostic de Saturnisme a été fait dans le service de médecine (Hôpital de Sarlat) avec la participation de la base de connaissance Aidediag pour un malade de 41 ans ayant été hospitalisé depuis début 89, dans 6 services différents pour douleurs abdominales (chirurgie), anémie et douleurs abdominales (CHG puis CHU médecine interne puis autre CHG), troubles neurologiques (CHG neuro) et psychiques (psychiatrie); il présentait un amaigrissement de 14kgrs; la symptomatologie présentée par ce malade était compatible avec un Saturnisme, mais le diagnostic (très difficile car il n'y avait pas de facteur professionnel à risque ) n'avait pas été porté et a été fait grâce au logiciel d'aide au diagnostic.

3) un diagnostic de Shoshin Béribéri a été fait dans le même service avec la participation du logiciel; cette affection est considérée comme rarissime (mais peut-être parce que méconnue) et gravissime si le malade ne reçoit pas le traitement approprié (injection de 500mgrs de Vit B1).

Ces 3 cas suffisent à prouver l'utilité (parfois vitale pour le malade) du programme. On peut extrapoler à plusieurs milliers de cas dans une année en France qui tireraient bénéfice de "cet examen complémentaire"; bien entendu son aide est loin d'être constante, mais doit-on rejeter les radiographies pulmonaires sous prétexte que toutes n'ont pas aidé au diagnostic d'une toux dont l'étiologie n'était pas évidente ?

 

 

> A propos du Sémiologiste

La base de connaissance "AideDiag" a été conçue et réalisé par deux médecins généralistes (le Dr Chassaing pour les données et la structuration de la base, le Dr Demeestere pour la conception de l'interface "Aidediag" remplacée maintenant par celle du "Sémiologiste") pour permettre une meilleure approche diagnostique, basée sur l'interrogatoire d'un malade, les examens cliniques et complémentaires.

Il vient en aide au médecins en particulier pour le diagnostic d'affections comportant une symptomatologie complexe, ou d'expression atypique (formes cliniques), et des maladies rares (qui sont si nombreuses que tout praticien se trouve, un jour ou l'autre, confronté à elles). Le diagnostic différentiel est fait automatiquement.

Ce logiciel permet d'orienter la recherche d'antécédents, de signes fonctionnels ou physiques, et des examens complémentaires ; il donne les diagnostics chiffrés permettant un classement par ordre de probabilités décroissantes.Malades et médecins en tireront bénéfice.

Le logiciel "Le sémiologiste" est un programme qui permet une approche diagnostique très précise, mais dont la fiabilité dépend du médecin qui l'utilise.
Il faut considérer l'informatique comme un outil qui répondra intelligemment si le praticien fait une saisie réfléchie en se donnant la peine de bien interroger (plus de rigueur dans l'interrogatoire) et bien examiner son malade (redécouvrir la sémiologie); il doit peser les signes et éliminer ceux qui, après réflexion, ne sont probablement pas en rapport avec une affection générale; il a aussi la possibilité d'entrer ces signes comme pouvant être des symptômes "parasites", c'est à dire non obligatoirement liés à une maladie.

La symptomatologie présentée par un malade doit être analysée pour que la saisie comporte le plus de signes objectifs possibles (comme fièvre, adénopathies, splénomégalie, etc.).

Dans la grande majorité des cas, le médecin fait le diagnostic des affections présentées par ses malades; il interrogera "Le sémiologiste" pour confirmation et obtenir une liste des diagnostics différentiels. Parfois le programme lui fera réviser ses premières hypothèses diagnostiques pour aboutir à une ou plusieurs conclusions différentes.

"Les systèmes experts impliquent pour les médecins deux comportements différents.

En phase d'exploitation, le médecin peut s'appuyer sur les déductions auxquelles le système expert est arrivé.

En phase de révision, en dehors de ses consultations ou des périodes hospitalières, le médecin peut stimuler des multitudes de symptômes et observer les déductions du système expert.

Dans ce cas, le système expert permet au médecin pratiquant, non seulement de réviser ses connaissances, mais d'affiner son diagnostic".