1) Quelques règles:

- Le diagnostic d'une affection fréquente est à envisager avant celui d'une maladie rare.
- Il peut exister des antécédents et des facteurs favorisants dont le médecin doit tenir compte.
- Plus les signes retrouvés chez un patient sont nombreux, ceux ci appartenant à la même affection, plus la probabilité de cette affection est grande.
- Plus un signe est pathognomonique (spécificité) d'une affection plus la probabilité de cette affection est grande.
- Si au moins un signe appartient à une affection celle ci doit être potentiellement suspectée.
- Un patient peut présenter des symptômes de plusieurs affections simultanément.
- Il existe des associations de symptômes très évocatrices d'une affection (effet de potentialisation des signes associés);
- Certaines affections sont à exclure car il existe pour cette affection des facteurs obligatoires que ne possède pas le patient (âge, sexe, voyage etc);
- Certaines affections voient leur probabilité diagnostique diminuer sensiblement car il manque des signes cliniques et/ou biologiques qui devraient être présents dans la maladie suspectée (valeur prédictive négative).

"Le sémiologiste" prend en compte ces régles; sa démarche diagnostique est proche de celle du médecin.

2) Pourquoi une aide au diagnostic médical ?

"Le diagnostic est l'identification d'une maladie par ses symptômes" ;

Ceux-ci ayant été analysés, lors de l'examen, il ne reste plus au médecin qu'a puiser dans ses connaissances pour trouver la cause du mal.
Notion des possibilités de mémorisation.

L'interrogatoire et l'examen reste le privilège du médecin;

Le cerveau humain n'est pas fait pour garder un trop grand nombre de données, présentes à l'esprit en même temps ; ce qui rend très difficile l'approche exhaustive (tenant compte de tous les signes présents).
De nombreuses études sur le raisonnement médical montrent que, généralement, le médecin élabore un petit nombre d'hypothèses (quatre à six), très tôt en phase d'examen, sur un faible nombre de signes caractéristiques (un à deux), avec un bon degré de fiabilité.

Le choix du ou des signes est important: si fatigue, fébricule, adénopathies, sueurs et douleurs à l'ingestion d'alcool, la démarche diagnostique ne se fera pas sur l'asthénie ni sur la fièvre (manque de spécificité) mais sur le dernier signe, très inhabituel donc très spécifique, aboutissant à un diagnostic qui pourra être affirmé s'il y a concordance des autres signes; cette démarche rejoint un peu la théorie de Gestalt permettant d'identifier l'état du malade par un trait pertinent. On peut noter dans ce problème étiologique, que le signe "sueurs" pourra être considéré comme parasitant la démarche diagnostique si l'interrogatoire révèle que ce malade prend de l'aspirine.

Ce qui arrive aussi parfois, c'est que le cerveau engagé dans une direction, bloque, par un phénomène d'induction négative, les autres voies: le diagnostic positif erroné exclut le diagnostic différentiel qui paraît inutile ; cela peut même entraîner une hypothèse diagnostique élaborée avant la fin de l'examen, qui n'est plus systématique, mais orienté par la première "impression" ou "intuition".

Un signe peut aussi bloquer la bonne voie diagnostique:

- lorsqu'il possède une forte sensibilité dans dans l'affection et qu'il est absent (ex: VS normale et Horton, nombre de leucocytes normaux et appendicite);

- ou au contraire qu'il est exceptionnel dans la maladie et qu'il est présent (ex: bradycardie et hyperthyroïdie ou leucopénie et appendicite).
Le bon praticien est celui qui porte le diagnostic d'appendicite devant une douleur de la FID + fièvre + vomissements, mais l'excellent praticien est celui qui pose le même diagnostic, mais après avoir fait la démarche intellectuelle et clinique de se dire: "si ce n'est pas une appendicite, quelles sont les autres affections possibles"; et là AideDiag est d'une aide précieuse.

"Le Sémiologiste" répond aux nombreuses difficultés diagnostiques évoquées grâce à son moteur d'inférence, mais méthode et rigueur sont nécessaires pour utiliser les informations contenues dans la base de connaissance; c'est le rôle du moteur d'inférence, qui est la partie la plus informatique du système expert, mais aussi la plus discrète aux yeux de l'utilisateur; il comporte un chaînage mixte :

- le chaînage avant (déduction): si douleur FID et vomissements alors appendicite possible;
- le chaînage arrière (induction): devant ces signes vérifier qu'il n'existe pas de symptômes de la GEU.

Il permet une approche diagnostique permettant la visualisation d'affections auxquelles le médecin n'aurait pas pensé.
Lors d'une réunion organisée par un journal médical en 1987, le problème diagnostic suivant était posé, sans demander de réponse précise, mais le nombre de maladies évoquées devant l'association Péricardite, fièvre et éosinophilie :

-Un professeur agrégé (endocrinologie) a répondu: 4 ou 5;
-Les 10 généralistes 1 ou 2
-L'ordinateur 16·

"Le Sémiologiste" ne peut être exhaustif, mais même s'il existe plus de 20 maladies possibles pour un tel tableau clinique, ce programme a apporté un plus certain: 2 ou 5 à 16·

En tant qu'approche diagnostique, il n'est moins important qu'il peut sembler, que le bon diagnostic soit en premier au niveau des probabilités car l'ordinateur fait penser à des diagnostics non évoqués; il est bien certain que ce programme pousse le médecin à la rigueur sémiologique, et qu'il doit n'être interrogé qu'aprés avoir soi-même fait les hypothèses diagnostiques que sa mémoire, son expérience et son intuition permettent, avec comme résultats:

- la visualisation , d'autres diagnostics pouvant contenir ceux auxquels le médecin a pensé mais aussi d'autres parmi lesquels peut se trouver le bon;

- de nombreux éléments de formation médicale continue sur cas réels ou simulés (correspondant à un EAO);

- et un aspect ludique et de compétition certain.
Pour une approche diagnostique probabiliste idéale, la logique booléenne (approche séquentielle) serait meilleure; mais il faudrait répondre par oui ou par non à des centaines d'items et subir un interrogatoire de la machine, alors que "Le Sémiologiste" propose des signes et l'ordinateur lui soumet des diagnostics puis des éléments de réexamen.